À la Recherche de la Sagesse Universelle et du Bon Sens

La diversité, un atout pour la connaissance

Dans le chapitre  La compréhension humaine , je vous ai parlé de la conscience. C’est l’ingrédient principal pour accéder à la connaissance. La prise de conscience passe par la perception et l’analyse. Mais en observant ce qui se passe autour de nous, en étudiant les divers phénomènes qui peuvent être perçus, il est possible d’aller plus loin dans la conscience et d’accéder à la connaissance. Pour cela, un outil prodigieux nous a été mis à disposition dans ce monde: la diversité. Grâce à cette diversité, grâce à la multiplicité, la pluralité des choses, les différences qui existent, il devient possible de faire des comparaisons, manière unique en son genre pour accéder à la connaissance.

Dans l’ancienne chine, il y a environ 3700 ans, de grands sages se sont déjà posés cette question : «Ne pourrait-il pas exister qu’une seule et simple chose ?»

Si nous n’étions pas dans un monde de diversité, nous aurions par exemple tout le temps la même température ambiante, que nous soyons au sud, au nord, en Arctique ou en Afrique. Il n’y aurait pas de chaud, ni de froid, mais que du tiède. Nous ne saurions alors pas ce qu’est le chaud, ni le froid. Ou bien, nous n’aurions pas le jour et la nuit, mais que le jour, ou que la nuit. Ce serait un monde bizarre, n’est-ce pas ?

Et pourtant, l’observation de ce monde nous montre qu’il y a beaucoup de diversité. Mais, en simplifiant fortement, elle peut être réduite à deux contraires. Ainsi, on obtiendrait par exemple le grand qui est différent du petit, le chaud qui est différent du froid, le jour qui est différent de la nuit, etc.

Les grands sages chinois se sont alors posés la question suivante : «Mais si la différence, amenée à son expression la plus simple, est des contraires, et que pour chaque chose qui existe il y a pratiquement toujours un contraire, on pourrait l’exprimer par deux termes généraux.»

C’est ce qui a été fait pour la première fois dans le Yi Jing ( Classique des changements ou  Traité canonique des changements ) qui parle du Yin et du Yang, deux opposés, mais deux opposés relatifs. Ainsi, ils ont classé dans le Yang le grand, le chaud, le jour, etc., dans le Yin le petit, le froid, la nuit, etc. Nous avons donc deux termes généraux qui désignent des différences relatives qui, dans leur expression la plus simple, sont au nombre de deux. On parle de différence relative, parce qu’ils sont en relation. En fait, ce qui est Yang peut être Yin, et ce qui est Yin peut être Yang. Par exemple, si je prends de l’eau tempérée qui sort du robinet et que je la compare à de l’eau bouillante, l’eau tempérée sera ... Yin, et l’eau bouillante sera ... Yang. Si maintenant je prends de l’eau qui sort du frigo et que je la compare avec l’eau tempérée du robinet, l’eau qui sort du frigo sera ... Yin, et l’eau tempérée sera ... Yang, car plus chaude que celle qui sort du frigo. Nous pouvons donc voir que, selon le cas, ce qui est Yin peut être Yang, et ce qui est Yang peut être Yin. Il peut être encore précisé que ce qui est Yin peut contenir du Yang, et inversement, ce qui est Yang peut contenir du Yin. Cette reconnaissance donna naissance au fameux cercle du Yin - Yang (moitié noir avec un point blanc et moitié blanc avec un point noir) que vous avez certainement déjà vu et qui s’appelle Tai Ji (faîte suprême).

Ainsi, dans la philosophie chinoise, le Yin et le Yang représentent une loi universelle qui régit l’ensemble des manifestations et des phénomènes de l’univers.

Si tout était froid, nous ne saurions pas ce que serait le chaud et inversement. Donc, sans l’un nous ne pourrions pas savoir ce qu’est l’autre. Les contraires sont toujours deux opposés (remarquez le chiffre deux qui ressort). Ils ont un caractère dual, c’est-à-dire qu’ils ont des propriétés qui se présentent par deux et qui sont réciproques. Les chinois ont vite compris que nous étions dans un monde de dualité. Ils se sont alors posés la question : « Mais pourquoi il y a cette dualité ?» Ils sont arrivés à la conclusion que nous sommes ici pour apprendre, pour prendre conscience et accéder à la connaissance. La dualité est donc une manière d’accéder à la connaissance, par la différence. Il nous est ainsi possible d'expérimenter ce qui est bien, et ce qui l'est moins. Selon eux, nous nous incarnons pour nous enrichir en expériences, prendre conscience et accéder à la connaissance. Mais prendre conscience de quoi ? Pour la philosophie chinoise : que nous faisons partie d’une unité; pour moi, et d’une manière plus générale, de qui nous sommes et de comment nous fonctionnons.

Nous avons vu que la diversité permet de prendre conscience et d’accéder à la connaissance par la différence. C’est le mode de fonctionnement de notre monde, mais ce n’est pas nécessairement le cas dans d’autres mondes. Les Chinois ont trouvé qu’il était possible de classer la différence, qui dans son aspect le plus simple est deux contraires relatifs, en Yin et Yang. Mais ce qui est frappant, c’est que dans notre culture, nous avons aussi une description très intéressante de l’importance de la différence pour la connaissance, qui va dans le sens de la philosophie chinoise, mais décrite avec d’autres termes, et relatée dans un livre très ancien. Il s’agit de la Bible. Ce texte se trouve dans la Genèse. Il y est écrit qu'Adam et Ève, dans le jardin d'Eden, ont mangé un fruit bien particulier qui aurait des conséquences sur leur vie, donc sur la vie de l'humanité. De quel fruit s'agissait-il ? Vous vous rappelez ?

Il s'agissait du fruit provenant de l’arbre de la connaissance. Vous voyez, le fruit de la connaissance. Mais de la connaissance de quoi ? C’est aussi décrit dans la Bible : de la connaissance du bien et du mal. Le bien et le mal sont deux termes qui désignent deux opposés, complémentaires dans la dualité, un peu comme le Yin et le Yang, sauf que le Yin et le Yang sont des termes plus généraux, comme nous l’avons vu précédemment. Il est vrai que le bien et le mal sont deux termes qui choquent un peu plus dans notre culture que les termes Yin - Yang. Mais ce sont deux contraires ! Ce qui est intéressant, c’est que le bien et le mal ne représentent pas seulement la différence, ou la diversité, mais aussi une grande loi universelle propre à tous. C’est la grande loi de cause à effet, qui nous apprend la responsabilité. Si vous faites l’analyse, vous verrez que le bien aura comme conséquence la prospérité, la croissance, la continuité, donc la perpétuité ou l’éternité (la vie), le mal par contre aura comme conséquence la pauvreté, la souffrance, la décadence, le déséquilibre, et, au bout du compte, la fin (la mort). Ainsi, grâce à cette dualité, la différence donc, nous pouvons expérimenter et comprendre ce qui est bien et ce qui ne l’est pas, pour mieux comprendre quelles attitudes doivent être gardées pour la pérennité, qu’on peut appeler «le bien», et lesquelles doivent être rejetées, car elles amènent à la perte, la fin, qu’on peut appeler «le mal».

Vous voyez ! Nous avons donc deux cultures très différentes, mais dont les chemins sont tout à fait similaires ! Dans les deux cultures nous sommes sur le chemin de la connaissance à travers un monde de dualité. La dualité est donc une manière de prendre conscience et de s’enrichir en connaissances à travers la différence.

Pour ceux qui connaissent un peu la technologie, nous pouvons encore préciser que l’ordinateur que vous avez entre vos mains, ou le smartphone, fonctionne avec des 0 (zéro) et des 1 (un). En effet, tous les programmes sont des codifications de 0 et 1, 0 voulant signifier «il n’y a pas de courant», 1 signifie «il y a du courant». Ainsi, il est possible de construire des mondes virtuels similaires au nôtre uniquement avec des 0 et des 1, et un peu d’électronique, qui ne sont rien d’autre que deux contraires. Donc, même dans l’électronique, qui peut créer des mondes virtuels, nous avons de la dualité !

Sur le libre arbitre

Nous venons de voir que nous sommes dans un monde de dualité qui nous permet de prendre conscience et d’accéder à la connaissance par l’expérience. Sommes-nous obligés de passer par là ? Avons-nous le choix ? D’où vient cette possibilité de pouvoir choisir ?

La Genèse nous donne une description intéressante à ce sujet. Il y est écrit que dans le jardin d’Eden se trouvait un arbre particulier, celui de la connaissance, dont Adam et Eve ne devaient pas manger les fruits. Mais pourquoi Dieu a-t-il mis cet arbre dans le jardin d’Eden ? Il aurait pu ne pas le mettre ? Et pourtant le récit est bien clair à ce sujet. Il l’a mis.

La mise en place de cet arbre symbolise tout simplement le libre arbitre qui a été donné à l’humanité.

Nous avons donc une grande liberté à prendre certaines décisions et à faire certaines choses. Mais le libre arbitre nous met aussi face à nos responsabilités, car ce que nous décidons, ou faisons, a des conséquences (loi de cause à effet).  Nous sommes donc des êtres responsables de nos actes.

Cependant, il y a un « léger » effet secondaire du fait que nous possédions le libre arbitre. En effet, celui-ci nous met devant des choix. Ainsi, décider et faire des choix devient un passage obligé pour l'être humain ! Nous ne pouvons pas y échapper ! C’est un processus qui fait partie de la prise de conscience et de la connaissance. Nous sommes donc, par la force des choses, obligés de prendre conscience.

En occident, dans notre culture, le chemin de la connaissance par la diversité se nomme «le bien» et «le mal», que nous pourrions aussi appeler «loi d’attraction» et «loi de répulsion».

En fait, le bien et le mal n’existent pas ! Le bien et le mal ne sont que deux contraires. Le bien, c’est ce qui va permettre d’avancer, d’évoluer, de survivre, de s’enrichir intérieurement et extérieurement, alors que le mal, c’est la décadence, la destruction, l’arrêt, la fin, la non continuité. Nous voyons bien ici que le bien et le mal ne sont que des contraires qui mènent à des conséquences différentes selon les choix que nous faisons. Mais ceci n’est vrai que pour certains mondes de la création.

Vous allez peut-être me dire que la notion du bien et du mal n’est que subjective, car ce qui est considéré comme mal pour certains ne l’est peut-être pas pour les autres. Vous avez en effet partiellement raison. Pourquoi que partiellement ? Parce qu’on peut considérer que le bien, c’est respecter les choses, c’est ce qui construit, ce qui permet une pérennité, une continuité, une durabilité, alors que le mal pourra être considéré comme quelque chose qui ne respecte pas les choses, qui mène à la destruction, qui ne permet pas la pérennité, ni la continuité, mais mènera inévitablement vers la fin un moment donné. Et là, nous sommes dans le pragmatique. Vous pouvez tourner cette analyse dans tous les sens, elle aboutira toujours à cette conclusion : le bien finit par amener la prospérité, le mal finit par amener une extinction tôt ou tard.

La situation mondiale actuelle est plutôt agitée et très peu stable, situation étonnante pour une planète où règne une espèce nommée Homo sapiens. Nous pouvons alors nous poser la question suivante : «L’homme, est-il fondamentalement mauvais ?»

Vous trouverez ma réflexion à ce sujet dans le prochain article.

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La diversité est un atout pour la connaissance.